La Bulgarie, une exception fiscale au sein de l’Union européenne
Lorsqu’un entrepreneur européen envisage de créer ou de déplacer une activité en Bulgarie, la fiscalité figure presque toujours parmi les trois premiers critères de décision. Dans ce contexte, une question revient de manière récurrente : « Quels impôts paie une société en Bulgarie ? »
La Bulgarie intrigue, parfois surprend, et souvent séduit. Membre à part entière de l’Union européenne, elle applique pourtant un modèle fiscal radicalement différent de celui de nombreux pays d’Europe occidentale. Là où certains États ont opté pour une fiscalité progressive, complexe et fortement chargée en cotisations sociales, la Bulgarie a fait le choix de la simplicité, de la stabilité et de la compétitivité.
Avec un impôt sur les sociétés parmi les plus bas de l’UE, une imposition des dividendes extrêmement réduite et un cadre juridique harmonisé avec le droit européen, le pays s’est progressivement imposé comme une destination stratégique pour les entrepreneurs internationaux, notamment français.
Cependant, ces avantages fiscaux ne doivent pas être abordés de manière superficielle. Comprendre quels impôts sont réellement dus, comment ils s’articulent entre eux et dans quelles conditions ils s’appliquent est essentiel pour éviter les erreurs et sécuriser son activité.
Nous vous proposons un guide structuré et juridiquement fondé de la fiscalité applicable aux sociétés en Bulgarie. Vous y trouverez :
- une présentation des principaux impôts dus par une entreprise
- les bases légales correspondantes
- des exemples concrets pour mieux appréhender la charge fiscale réelle
Objectif : Faites de la Bulgarie votre alliée stratégique pour réussir et développer durablement votre projet entrepreneurial.
L’impôt sur les sociétés
L’impôt sur les sociétés constitue le principal impôt supporté par les entreprises en Bulgarie. Il est calculé sur la base du bénéfice réalisé et joue un rôle central dans l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers. Le système bulgare repose sur le principe d’un taux proportionnel unique, sans progressivité : quel que soit le niveau de bénéfice, le taux reste identique. Ce mécanisme offre une grande visibilité fiscale, une planification simplifiée et une sécurité juridique accrue, en particulier pour les sociétés à capitaux étrangers.
Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés en Bulgarie ?
Conformément à l’article 20 de la Loi bulgare sur l’impôt sur les sociétés (ZKPO) :
« Le taux de l’impôt sur les sociétés est fixé à 10 %. »
Ce taux s’applique aussi bien aux sociétés bulgares qu’aux établissements stables de sociétés étrangères exerçant une activité en Bulgarie.
Qu’entend-on par « bénéfice imposable » ?
Selon l’article 18 de la même loi, le bénéfice imposable est déterminé à partir du résultat comptable, corrigé par :
- des différences fiscales permanentes ;
- des différences fiscales temporaires ;
- des amortissements fiscaux.
Autrement dit, certains frais comptables peuvent ne pas être déductibles fiscalement, ce qui rend l’accompagnement comptable et fiscal indispensable.
Exemple chiffré
- Chiffre d’affaires : 100 000 €
- Charges déductibles : 70 000 €
- Bénéfice imposable : 30 000 €
- Impôt sur les sociétés (10 %) : 3 000 €
L’imposition des dividendes
Une fois l’impôt sur les sociétés acquitté, se pose la question de la distribution des bénéfices au dirigeant ou aux associés. En Bulgarie, la distribution de dividendes bénéficie d’un régime particulièrement favorable. L’impôt sur les dividendes est qualifié d’impôt libératoire, ce qui signifie qu’aucune imposition supplémentaire n’est due après son paiement. Ce régime fait de la Bulgarie une juridiction très attractive pour les entrepreneurs souhaitant percevoir les fruits de leur activité avec une charge fiscale réduite.
Comment sont imposés les dividendes en Bulgarie ?
En Bulgarie, les dividendes perçus par les particuliers sont soumis à un impôt forfaitaire de 5 %, conformément à l’article 38, alinéa 3 de la Loi bulgare sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques (ZDDFL). Cela signifie que les revenus distribués par une société à ses actionnaires sont taxés à un taux fixe, simple à calculer et prévisible pour les investisseurs.
Cotisations sociales et charges sociales
Outre les impôts, les sociétés bulgares sont soumises à des cotisations sociales et d’assurance maladie. Bien qu’elles ne soient pas juridiquement des impôts, elles représentent un coût significatif. Leur montant dépend du statut du dirigeant et de l’existence ou non d’une rémunération.
Comparativement à l’Europe occidentale, la Bulgarie offre un système plus souple et globalement moins coûteux.
Les cotisations sont-elles obligatoires ?
Oui, les cotisations sociales sont obligatoires en Bulgarie. Elles découlent du Code de la sécurité sociale ainsi que de la législation sur l’assurance maladie, et elles s’appliquent à toutes les personnes exerçant une activité professionnelle, qu’elles soient dirigeantes ou salariées. Le non-paiement de ces cotisations peut entraîner des sanctions légales, y compris des amendes et des pénalités financières.
Exemples :
- Dirigeant sous contrat de gestion : environ 32,7 % du salaire brut
- Associé gérant assimilé à un travailleur indépendant : environ 27,8 % du revenu déclaré
- Salariés : environ 32–33 % du salaire brut
Comptabilité et obligations administratives
La fiscalité des entreprises est indissociable de la comptabilité. En Bulgarie, la tenue d’une comptabilité est obligatoire pour toutes les sociétés, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique. La comptabilité n’est pas seulement un outil de gestion interne, elle constitue également la base pour le calcul correct des impôts et pour répondre aux exigences légales en cas de contrôle fiscal.
Une comptabilité bien tenue permet de suivre avec précision les revenus, les dépenses, les amortissements et autres éléments financiers essentiels pour la bonne santé de l’entreprise. Elle est également indispensable pour préparer les déclarations fiscales et pour garantir la transparence vis-à-vis des autorités fiscales et des partenaires commerciaux.
La comptabilité est-elle obligatoire ?
Oui. Conformément à la Loi sur la comptabilité, toute société doit :
- tenir une comptabilité régulière
- établir des comptes annuels
- publier ses états financiers au Registre du commerce
- conserver les documents comptables pendant les délais légaux
Dans la pratique, le recours à un expert-comptable local est fortement recommandé, non seulement pour s’assurer que la comptabilité respecte toutes les normes légales et fiscales, mais aussi pour optimiser la gestion fiscale et anticiper les éventuels contrôles. Un expert-comptable peut également conseiller sur la meilleure structuration comptable et fiscale adaptée à la taille et aux objectifs de la société.
Conclusion
Une société en Bulgarie est généralement soumise aux charges suivantes :
- 10 % d’impôt sur les sociétés
- 5 % d’impôt sur les dividendes
- 20 % de TVA (en cas d’assujettissement)
- des cotisations sociales selon le mode de gestion
La Bulgarie offre ainsi l’un des cadres fiscaux les plus compétitifs de l’Union européenne, à condition que la structure soit correctement mise en place dès le départ. Sa fiscalité très attractive permet de maximiser les bénéfices grâce à des impôts faibles. Le cadre légal est stable et clair, offrant sécurité et prévisibilité pour votre entreprise. La position géographique stratégique du pays facilite l’accès aux marchés européens et balkaniques. Les coûts opérationnels sont compétitifs, avec une main-d’œuvre et des infrastructures à prix avantageux. Enfin, le potentiel de croissance est important, avec de nombreuses opportunités dans les services, la tech et les startups.
Le présent article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé.
© 2026 « B&M Consulting » SARL. Tous droits réservés. www.bandmconsulting.com


